Il y a plus d’un million de déplacés internes dans le Borno et des centaines de milliers de personnes vivent aujourd’hui à Maiduguri au sein de 22 camps différents. Beaucoup sont pris en charge par les collectivités locales, tandis qu&apos;environ 80 000 sont réunis sur 15 sites autour de la ville. <br />« <i>Douze d&apos;entre nous vivent dans une tente, sans autre choix</i>, dit Aisha, une déplacée de 55 ans dans le camp installé au sein du centre fédéral de formation (FTC). <i>La toile est déchirée et l&apos;intérieur est plein de poussière et d’insectes. Tout est mouillé quand il pleut. </i>»
<h3><b>Maiduguri</b></h3>MSF travaille à Maiduguri, capitale de l'Etat de Born, et dans ses environs depuis août 2013. Des centaines de milliers de personnes vivent aujourd'hui près de Maiduguri. La majorité est prise en charge par les communautés locales, tandis qu'environ 100 000 personnes sont réunies sur 22 sites autour de la ville. MSF a ouvert trois cliniques de soins de santé primaire, couvrant une population d’environ 35 000 personnes.<br>Depuis le 28 septembre, MSF travaille au sein de l’hôpital Umaru Shehu de Maiduguri pour prendre en charge les personnes blessées lors d’attentats.
<h3><b>Maimusari </b></h3>MSF gère un hôpital de 72 lits dans le quartier de Maimusari, qui comprend une unité de maternité de 12 lits, 60 lits de pédiatrie, un centre de nutrition et des soins intensifs. Des dons réguliers sont également faits aux hôpitaux locaux afin de leur permettre de faire face aux arrivées massives de blessés suite aux attentats à la bombe.
Dans le sud du Niger, la situation humanitaire déjà fragile a été aggravée par l&apos;escalade du conflit en cours et les vagues consécutives de personnes fuyant la violence. Les conditions de vie de ces populations déplacées et réfugiées - qui ont peu accès aux soins de santé, à l’eau potable et à l’assainissement - sont critiques. La situation pourrait se détériorer davantage au cours de la période dite « de soudure », lorsque les stocks alimentaires se réduisent considérablement entre les récoltes. <br />Cette année, l&apos;effet combiné de la violence et des mesures restrictives affecte le commerce habituel et la nourriture est encore plus rare. En outre, la saison des pluies est maintenant à l&apos;origine d&apos;une augmentation des maladies d&apos;origine hydrique comme le paludisme et la diarrhée qui, associées à la malnutrition, sont particulièrement dangereuses pour les jeunes enfants.
Autour de Diffa, les équipes MSF aident actuellement environ 28 000 réfugiés et déplacés récemment arrivés du Nigeria à Chétimari, Gagamari et Assaga. Les établissements de santé locaux sont débordés et l&apos;accès à l&apos;eau est souvent insuffisant. <br /><br />
<b></b><b></b><h3><b>Témoignage d&apos;Esther, 24 ans, réfugiée en provenance du Nigeria</b> <i></i></h3><i>« Les combattants de Boko Haram ont attaqué notre village au milieu de la nuit. Ils ont tué plusieurs personnes, dont mon père et une de mes sœurs. Nous avons essayé de fuir, mais ils nous ont à nouveau attaqués alors que nous étions sur la route. Ma mère et une autre sœur ont dû rester derrière. J’espère les retrouver un jour. Je suis arrivée au Cameroun avec ma fille de 9 mois et ma sœur de 14 ans, après avoir marché pendant deux jours. »</i>
<div><br></div><div><span style="font-size:16px;"><b>Hassan Maiyaki, chef de mission de MSF au Cameroun :</b></span>« <i>Nous constatons de plus en plus d'admissions dans notre programme de traitement de la malnutrition</i>. <i>Nous renforçons notre soutien au centre de nutrition thérapeutique intensive dans l'hôpital de district de Mokolo où nous offrons des soins pédiatriques et nutritionnels aux réfugiés, aux personnes déplacées et à la population locale. </i>»</div>
Au Tchad, l&apos;insécurité dans la région du lac a connu une nette augmentation en juillet. Les attaques menées par Boko Haram sont devenues plus fréquentes et, en réponse, l&apos;armée tchadienne a étendu sa présence dans la région. On estime que 40 000 personnes ont été déplacées au cours des deux dernières semaines, et les gens se rassemblent dans divers sites de fortune dans les districts de Baga Sola et Bol.
<h3><b>Federica Alberti, chef de mission pour MSF au Tchad</b></h3>« <i>Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables dans cette<b> </b>situation, et les besoins médicaux sont en général élevés</i>. <i>Certaines femmes enceintes ont parcouru plusieurs kilomètres dans la chaleur torride afin de consulter un médecin. Les gens vivent sans logement adéquat, et n’ont pas accès à la nourriture ou à l&apos;eau potable. En raison des conditions de vie difficiles et de la saison des pluies, nous traitons déjà des patients souffrant de diarrhée, de paludisme et d’infections respiratoires, ainsi que les enfants atteints de malnutrition</i>. »
MSF travaille dans la région depuis le mois de mars et mène des cliniques mobiles près de Baga Sola tout en soutenant le ministère tchadien de la Santé à Tchoukoutalia. <br />Les équipes fournissent également des soins de santé mentale dans le camp de réfugiés de Dar Es Salam à Baga Sola, qui abrite environ 7 000 réfugiés en provenance du Nigeria et du Niger, selon les chiffres officiels. <br />En réponse à la dernière vague de déplacement, MSF a débuté une clinique mobile à Yakoua et va bientôt en commencer une autre à Koulkimé.
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<h3><b>N&apos;Djamena</b></h3>Dans la capitale N&apos;Djamena, MSF a soutenu les hôpitaux du ministère de la Santé suite aux attentats suicides qui ont eu lieu le 15 juin et le 11 juillet. Depuis avril, MSF a formé le personnel du ministère de la Santé sur la gestion des arrivées massives de blessés, afin d&apos;aider à augmenter la capacité nationale à répondre aux situations d&apos;urgence.
<h3><b>Minawao</b></h3>Environ 45 000 réfugiés vivent actuellement dans le<i><b> </b></i>camp Minawao où MSF collabore avec les autorités nationales et d&apos;autres agences humanitaires pour fournir des soins de santé primaires ainsi que de l&apos;eau et traiter la malnutrition.<br />MSF fournit aujourd&apos;hui 55% de l&apos;eau consommée dans le camp de Minawo et réalise plus de 2 300 consultations médicales par mois.
<h3><b>Kousséri </b></h3>Depuis juin, MSF est présente à Kousseri, à la frontière avec le Tchad, où des dizaines de milliers de déplacés sont dispersés autour de la ville. Pour répondre à leurs besoins, les équipes MSF apportent un soutien chirurgical à l&apos;hôpital et commencent aussi des soins pédiatriques pour traiter la malnutrition et le paludisme.
<h3><b>Diffa</b></h3>Pour améliorer l&apos;accès aux soins de santé, MSF soutient le principal centre médical maternel et pédiatrique dans la ville de Diffa ainsi que six centres de santé dans les districts de Diffa, Nguigmi et Bosso. En parallèle, MSF gère des cliniques mobiles dans deux camps de personnes déplacées de la région de Diffa, tout en assurant des activités d’eau et d&apos;assainissement et la distribution de 25 000 moustiquaires.<br /><br />Depuis le début des activités, MSF a effectué plus de<b> 30 000 </b> consultations médicales, dont environ <b>20 000 </b>concernaient des enfants de moins de cinq ans.
<div><br></div><div><span style="font-size:16px;"><b>Fatima, 45 ans</b></span>« <i>Boko Haram a attaqué notre village la nuit, autour de 22 heures. Des hommes armés sont entrés dans les maisons et les ont brûlées. Beaucoup de gens ont été tués. Ma sœur a été enlevée, et je n'ai pas de nouvelles depuis. Nous nous sommes enfuis dans la forêt et avons marché pendant 24 heures jusqu'à trouver une route et un transport vers Maiduguri</i>.<i> »</i></div>
Au Cameroun, la situation sécuritaire le long de la frontière avec le Nigeria reste instable, avec des incursions régulières et des attaques de Boko Haram. Les réfugiés continuent d&apos;arriver quotidiennement dans le camp établi par les autorités nationales dans la région de l&apos;extrême Nord.
<h3><b>Mahamad, 57 ans </b></h3>« <i>L&apos;autre jour j’ai entendu des coups de feu dans le village voisin et je me suis enfui avec ma femme et mes 8 enfants</i>. <i>Beaucoup d&apos;entre nous ont eu leur maison brûlée, et j’ai la chance de ne connaître personne parmi les tués. Mais nous avons seulement assez de nourriture pour manger une fois par jour</i>. »
Retrouvez notre dossier consacré à cette crise sur www.msf.fr Association humanitaire internationale d'aide médicale. Retrouvez toute l'actualité et les témoignages de Médecins Sans Frontières sur ses actions dans plus de 80 pays.
<b></b>L’état de Borno constitue l&apos;épicentre du conflit actuel et la situation continue d&apos;y être extrêmement volatile et tendue. Des attaques se produisent régulièrement, ciblant principalement des civils.
<div>Source : UNHCR</div>
Source : OCHA et UNHCR
<div>Source : UNHCR</div>
Source : UNHCR
<div>«<i>Nous avons besoin de davantage de soutien</i>,» dit Chibuzo Okonta, Responsable des urgences pour MSF. «<i>Nous avons lancé des appels répétés à d'autres organisations humanitaires afin qu’elles portent secours aux populations déplacées de l'État de Borno, mais en vain.</i>»</div>

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