<div><span style="font-size:16px;">24 février : "La promenade des cadavres"</span></div><div><br></div><div>« Tout à coup, vers dix heures du soir, on entend retentir sur les boulevards le cri : aux armes ! Aux Armes ! Nous sommes trahis ! On égorge nos frères ! » La foule se précipite dans tous les sens, les uns fuyant le danger, les autres courant au devant et voulant connaître la cause de cette grande et soudaine émotion. Peu de temps après, des tombereaux remplis de cadavres passaient sur les boulevards escortés par des hommes du peuple portant des torches et criant : Vengeance !"</div> www.retronews.fr La folie semblait avoir été poussée aussi loin qu'elle pou vait l'être. Le jour des réparations était-il venu? On le croyait. i en sortant de la chambre, on le croyait quelques momens après dans la ville tout entière. Chacun se communiquait l'heureuse nouvelle du renvoi des ministres. Paris était illu miné, tranquille, confiant, quoique le gouvernement eût eu l'extrême imprudence-de ne pas faire annoncer d'une ma nière positivé dans son journal du soir lé changement de ministère, quoique la satisfaction promise fût incomplète au-, tant qu'incertaine. Tout à coup, vers dix heures du soir, on1 entend retentir sur les boulevards le cri : Aux armes ! aux armes! Nous sommes trahis ! en égorge nos frères! » La foule se précipite dans tous les sens, les uns fuyant lé dan ger, les autres courant au devant et voulant connaître la cau se de cette grande et soudaine émotion. Peu de temps après, des tombereaux remplis de cadavres passaient sur les boule vards escortés par des hommes du peuple portant des torches et criant : Vengeance ! Ces cadavres étaient ceux de citoyens, de femmes et cPénfans qu'une décharge à bout portant venait d'étendre sur le pavé, en face du ministère des affaires étran gères. . • Des témoins oculaires nous ont déclaré avoir vu, avoir compté les corps inanimés de quarante de ces malheureux, parmi lesquels trouvait, dit-on, W officier 4eJa garde na tionale. La terre était souillée de sang, un grand nombre de blessés s'enfuyaient en poussant des cris ; un frère cherchait son frère, un père son fils : c'était un spectacle à navrer l'âme la plus insensible. Etait-ce un malentendu, un malheur? Etait-ce un crime ? Ce n'est que demain que les faits pourront être éclaircis, que la vérité tout entière sera connue. Mais cette nuit, à I'neure où nous écrivons, Paris est dans les angoisses.de la douleur, de l'anxiété et de la colère. Le peuple se croit trahi, il relève les barricades dans les rues et cherche partoat des armes. De temps en temps nous entendons la fusillade retentir sans savoir pour quelle cause. Nul ne peut dire comment se passera la journée de demain si la plus éclatante satisfaction n'est pas donnée au peuple de Paris, si les ipesures les plus prompte» et les plus décisives ne sont prises pour que justice seit faite, pour que la liber té, les droits et l'honneur de la France soient confiés à des mains fermes et sûres, dignes de conserver ce précieux dépôt. Que la garde nationale soit demain tout entière sous les armes. Qu'elle reste unie; qu'elle se montre ferme autant qu'elle a été modérée. Qu'elle continue de veiller sur une situation pleine de périls et d'incertitudes. Grâce à son heu-...
<div><span style="font-size:16px;">22 février : rassemblement place de la Madeleine et de la Concorde</span></div><div><br></div><div>« Ce matin, dès six heures, […] un grand nombre d’ouvriers en costume de travail, des curieux se dirigeaient vers la place de la Madeleine, qui, comme on sait, avait dû être le rendez-vous des députés, des magistrats, des citoyens de toutes les classes ayant souscrit au banquet du 12e arrondissement. Cette multitude sans cesse grossissante n’avait rien d’hostile, ni de menaçant. La curiosité, l’attente, l’incertitude, telle était l’expression de tous les visages. On ne rencontrait pas un seul sergent de ville en uniforme. Aucun cri, aucun chant patriotique ne s’élevait du sein de la foule. »</div><div><br></div> www.retronews.fr RetroNews site média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1944. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques
<div><span style="font-size:16px;">22 février : trajet des étudiants du Panthéon à la Madeleine</span></div><div><br></div><div>« Vers neuf heures une colonne composée d’un millier d’étudiants à peu près, et quelques personnes qui n’appartiennent pas aux écoles, du moins en apparence, s’est mise en marche à partir de la place du Panthéon. A onze heures, cette colonne défilait autour de la Madeleine […]. Son passage avait attiré une grande affluence de curieux sur la place de la Madeleine. »</div> www.retronews.fr RetroNews site média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1944. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques
<div><span style="font-size:16px;">23 février : La foule devant le ministère des affaires étrangères </span></div><div><br></div><div>« Des groupes nombreux s’étaient portés devant le ministère des affaires étrangères, dont le jardin était occupé militairement par un bataillon des gardes municipaux à pied dont on apercevait les schakos au-dessus du mur. Les groupes avaient crié : À bas Guizot ! Vive la réforme ! On a alors appelé un bataillon de ligne qui a occupé le boulevard qui longe le jardin du ministère […]. En même temps des pelotons de gardes municipaux à cheval et de dragons sont venus se ranger en bataille devant la porte du ministère […] »</div><div><br></div><div>Retronews : Le Siècle, 23 février 1848</div> www.retronews.fr RetroNews site média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1944. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques
<div><span style="font-size:16px;">24 février : marche vers les Tuileries et abdication</span></div><div><br></div><div>« […] tandis que l’insurrection resserrait de plus en plus ses efforts en s’avançant vers les Tuileries et le Palais-Royal, le roi – il était une heure de l’après-midi, – sortait à pied de son palais, sans aucune des marques de la royauté, sinon l’abattement de son visage et sa tête courbée – ces deux insignes des dynasties qui tombent.» </div><div><br></div> www.retronews.fr RetroNews site média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1944. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques
<div><span style="font-size:16px;">25 février : proclamation de la République devant l’Hôtel de Ville</span></div><div><br></div><div>« À trois heures, une foule immense était agglomérée sur la place de l’Hôtel-de-Ville ; […] un citoyen […] a lu la proclamation suivante : </div><div>Citoyens ! Le gouvernement provisoire déclare que le gouvernement actuel est le Gouvernement républicain, et que la Nation sera appelée immédiatement à ratifier par son vote la résolution du Gouvernement provisoire et du peuple de Paris. »</div><div><br></div> www.retronews.fr RetroNews site média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1944. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques